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Avril à juin 2009
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Mardi 7 avril 2009
Le contrôle des armes à feu
par Bernard Bujold
Le débat sur les armes à feu et la violence se concentre sur le désir du
Premier ministre Stephen Harper d’abolir le registre des armes à feu.
Le véritable débat ne devrait pas être là, mais sur la recherche de moyens
d’empêcher la violence qui est actuellement présente partout dans le monde.
Je me souviens de mon adolescence en Gaspésie durant les années 1970 alors que
les armes à feu étaient un simple outil que l’on pouvait acheter chez le quincailler
ou dans les magasins comme Canadian Tire. Chaque famille avait un ou plusieurs
fusils de chasse dans leur maison et on ne se tirait pas dessus pour autant.
En fait, les armes à feu étaient comme un dissuasif de la violence. Les quelques
voyous du village n’allaient pas voler dans les maisons de propriétaires d’armes
car ils savaient qu’ils seraient accueillis par une volée de plomb. De plus, il y avait
comme une sorte de code moral. Un voyou n’aurait pas pu acheter une arme du
quincailler qui l’aurait dénoncé aux autorités municipales. Il y avait, bien sûr,
quelques incidents occasionnels mais dans l’ensemble les gens respectaient les
armes à feu pour ce qu’elles étaient.
Tranquillement les choses ont cependant commencé à changer et la société est
devenue plus violente. C’est un peu comme si les valeurs morales avaient cessé
d’exister. Quelle en est la cause? L’immigration et les différentes cultures,
l’urbanisation, la globalisation et l’accès aux armes de contrebande, les drogues
dures, la violence au cinéma et à la télévision ? Probablement toutes ces causes.
Autrefois on respectait les policiers et aujourd’hui, généralement, on les déteste.
Pourquoi? Probablement parce que les policiers eux-mêmes ont cessé de se
considérer comme les gardiens de la paix mais plutôt comme des détenteurs du
pouvoir avec la puissance de leur arsenal. Autrefois, les policiers n’utilisaient que
rarement leurs armes. Ils imposaient leur pouvoir avec la négociation et leur habilité
à convaincre. Cela fonctionnait. En tout cas mieux qu’aujourd’hui…
Un journaliste du quotidien montréalais The Gazette a essayé l’appareil simulateur
de la Police de Montréal. On y simule électroniquement des attaques à main armée
où vous jouez le rôle du policier qui doit réagir. Il est intéressant de constater le
résultat. C’est une situation perdante sur toute la ligne car aucun des deux côtés
ne survie… (Voir le lien vidéo plus bas)
Le registre des armes à feu est un échec mais cela ne veut pas dire qu’il faut cesser
d’encadrer le droit d’avoir des armes à feu. La société est devenue trop vicieuse,
trop anonyme et trop individualiste. Plus personne ne respecte personne...
Le retour à la paix tient peut-être vers un retour à la parole.
Comme le déclarait Ingrid Betancourt, le plus grand pouvoir est celui des mots.
Elle en est elle-même la preuve car elle a pu survivre à un long séjour dans la
jungle colombienne grâce à son pouvoir de convaincre ses geôliers qui étaient
pourtant armés jusqu’aux dents.
Il faut trouver un moyen de ramener le respect envers l’autorité et la paix.
Et comme on le sait: « le respect ne s’impose pas, il se mérite… »
Actuellement, peu de personne au sein de notre société ne mérite notre admiration
et notre respect. Des politiciens profiteurs, des banquiers malhonnêtes,
des policiers provocateurs, des parents qui se suicident avec leurs enfants et
finalement des bandits sans scrupules. C’est probablement là toute la source du
problème. Notre société a perdu toutes ses valeurs morales!
En conclusion, s’il faut retenir un élément des tragédies comme celle de
Rivière-Ouelle, du Collège Dawson ou de Binghamton New York c’est que,
dans chaque cas, les enquêtes démontrent que tous les auteurs de ces actes de
violence ont été des victimes de la moquerie, de l’isolement et du rejet de la part
de leur voisinage avant de devenir violent. Autrement dit, nous sommes tous un peu
responsable de ce qui arrive à notre société.
Bang ! Bang ! Bang !
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Photo 1: Stephen Harper au Stampede de Calgary
Photo 2: Bernard Bujold en Gaspésie (1974)
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Mardi 14 avril 2009
L'art de la séduction
Barack Obama et son épouse Michelle sont actuellement plus populaires que
quiconque partout dans le monde! Aucune vedette, de Brad Pitt à Bono, ni aucune
autre figure publique, de Nicolas Sarkozy au Dalaï Lama, ne peuvent compétitionner
avec les Obama.
Pourquoi ce phénomène? Barack Obama n’a pourtant encore rien accompli si ce
n’est d’avoir remporté l’élection présidentielle américaine et même là, ce fut un
résultat très divisé car n’oublions pas que ses adversaires, aussi bien Hillary Clinton
que John McCain, l’ont talonné de près. Si on fait le décompte et que l’on enlève
les 50% de McCain et les 50 % d’Hillary, il reste à Obama 25 % de la cote
populaire aux États-Unis. Dans les faits, c’est d’ailleurs ce qui se produit car si le
président américain est considéré une star partout dans le monde, il l’est moins
dans son propre pays où on constate que de plus en plus d’Américains commencent
à critiquer leur chef.
Il demeure cependant que partout ailleurs sur la planète, Barack Obama est
considéré comme un dieu. Il fallait voir le sommet du G-20 pour observer que tous
les autres chefs d’état étaient séduits par la popularité du premier président noir
américain. Et c'était avant l'arrivée du chien BO...
Le charisme ne s’explique jamais, il se constate et Barack Obama en est la preuve.
On peut comparer la situation d'Obama avec celle de Brian Mulroney et Mila en 1984.
Le couple était, à l’échelle canadienne, comme des rock stars. Partout où allaient
Brian et Mila, les gens se rassemblaient et ils voulaient saluer la belle Mila et le
dynamique Brian. Le résultat de l’élection l’avait d’ailleurs confirmé et le Parti
conservateur avait remporté 212 circonscriptions sur les 282  sièges,
un balayage presque complet de tout le pays.  Je me souviens de l’ambiance qui
régnait à Ottawa alors que j’étais un des adjoints aux communications pour Brian.
Les gens de partout au pays nous admiraient et nous considéraient chanceux d’être
avec un « winner » de la trempe de Mulroney.
Il était le Barack Obama de l'époque!
Pour comprendre le pouvoir du charisme et son effet sur les gens on peut aussi  
regarder la situation au sein de l’Église catholique. Le pape Jean Paul II était
adulé et on l’avait même surnommé « JP2 ». Son successeur actuel, Benoit XVI
est tout le contraire et ses frictions avec l’opinion  publique ne font que
s’accumuler. L’histoire des condoms en Afrique, l’excommunication au Brésil et
maintenant l’événement de L’Aquila alors que certains critiquent sa décision de
ne pas s’être rendu sur les lieux de la tragédie durant le congé pascal.
Le pape a probablement de très bonne raisons pour toutes ses décisions mais ce
qu’il faut retenir c’est que le monde actuel est mené par le charisme et il a
besoin d’être inspiré par des leaders qui démontrent une sorte de dégaine
gagnante mais surtout que l'on aime et qui nous séduit. La ligne de démarcation
est parfois très mince, voire invisible.
Le pilote de New-York (Chesley « Sully » Sullenberger), le capitaine retenu
en otage sur l’Océan Indien (Richard Phillips), Ingrid Betancourt en Colombie, etc.  
Autant de personnages qui possèdent du charisme et, bien souvent malgré eux.   
La conclusion : On ne choisi pas d’être un leader. C’est le destin, les événements
et l'amour... qui nous choisissent!
Félicitations aux heureux choisis et bonne chance aux aspirants...
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Photo 1: Barack Obama, Elizabeth II et Michelle Obama;
Photo 2: Brian Mulroney et le livre Blue Thinder;
Photo 3: Pape Benoit XVI et Fontaine de l'Aquila
Photo 4: Le chien BO et Barack Obama
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Mardi 21 avril 2009
L'avenir des médias
L’avenir des médias appartient aux citoyens!
C’est un peu comme à l’époque de Marie-Antoinette alors que les paysans avaient
envahi le palais de Versailles! La famine (crise économique) avait été
l’élément déclencheur de la rébellion. Au niveau des médias modernes, la crise
économique est aussi au centre de la révolution.
Il y a quelques années à peine, aucun des grands médias ne prenait au sérieux
l’Internet et on se croyait bien solidement installé derrière les portes du palais.
LeStudio1.com en est l’exemple et lorsque le projet a été démarré en 2005, très
peu de grands groupes de presse ne possédaient de site Internet sauf quelques
exceptions comme Le Devoir au Québec. L’équipe de LeStudio1.com avait donc
approché plusieurs dirigeants des groupes de presse pour essayer d’établir une
collaboration et développer le territoire. La plupart nous ont répondu que l’Internet
ne survivrait pas et qu'ils n’étaient pas intéressés à une association.
Au niveau des journalistes, ce fut une réaction similaire et les dirigeants de la
Fédération professionnelle des journalistes du Québec furent même les premiers
(et les rares) à demander d’être enlevés de la liste d’envoi du magazine internet…  
Partout on considérait l’Internet comme un jeu de société pour amateurs!
Aujourd’hui en 2009, tous les groupes de presse ainsi que les journalistes sont
montés à bord du train Internet et ils ont développé des sites comparables à ce que
nous proposions tandis que plusieurs journalistes "professionnels" signent des blogs
ou carnets.  
Les empereurs et leur cour ont compris mais est-il trop tard pour eux?
La crise économique est venue modifier le plan de match des grands médias qui
n’avaient pas prévu que l’économie s’écroulerait et que la gratuité de l’Internet
séduirait les citoyens jusqu’à un point de non-retour. La conséquence est évidemment
la fermeture de médias et le licenciement de journalistes "professionnels".
C’est en gros la conclusion du rapport annuel : The State of the News Media 2009.
Du président américain Barack Obama à la chanteuse Susan Boyle,
l’Internet est devenu le laisser-passer vers la gloire et le pouvoir
et ce sans être tributaire des groupes de presse ou des journalistes.
Comme le chanteraient les artistes de Star Académie :
« C’est pas fini, c’est rien qu’un début…»
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Photo 1: Nicolas Sarkozy et Barack Obama à Strasbourg
(Photo Pete Souza - The White House)
Photo 2: La chanteuse Susan Boyle
Photo 3: Page d' accueil du site The State of the News Media 2009
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Mardi 27 avril 2009
Les crimes modernes
Les forces policières du Québec sont très fières de leur récent coup de filet
autour d’une centaine de criminels appartenant à des bandes de motards
comme les Hells Angels.
Mais dans les faits, cette cueillette n‘est qu’un nettoyage très superficiel
et malheureusement de plus graves dangers sont toujours en liberté.
On pourrait comparer les récentes arrestations à un raclage des feuilles
mortes ou à une tonte de gazon. Les hors-la-loi arrêtés étaient très prévisibles
car leurs activités se déroulent généralement dans un secteur précis.
Il suffit d’identifier ce secteur et de l’éviter pour être plus ou moins à l’abri.
Les policiers n’ont d'ailleurs pas procédé à leurs arrestations suite
à une «découverte» mais plutôt grâce la préparation d'une preuve légale.
Les criminels les plus dangereux sont cependant ceux qui sont inconnus et dont
les activités ne sont détectées qu’après l’événement. Les crimes non-détectés
sont principalement de deux ordres: ceux économiques et le terrorisme.
Sur le plan économique, les Bernard Madoff et Vincent Lacroix sont parmi
les plus dommageables car on les mets souvent sur un piedestal et il ne nous
viendrait jamais à l'idée de les souçonner d'un méfait quelconque.    
Au niveau du terrorisme, l’événement marquant fut sans contredit le
11 septembre 2001 mais il y en a eu plusieurs autres depuis, certains
d'envergure internationale et d’autres plus localisés. Les fusillades comme
à Dawson ou Colombine ne sont pas des actes terrorisme en tant que tel mais
leur imprévisibilité rendent ces événements tout aussi dangereux pour la société
que les guerres de religion ou les conflits politiques.
Et que dire de crime comme l’assassinat à Rivière-Ouelle d’une jeune attachée
politique par un résident fou du village? Moins significatif qu'une fusillade
mais tout aussi incroyable et dramatique .
Le véritable défi des forces policières est de lutter contre tous ces crimes
imprévisibles. Est-ce possible de le faire?
Les fans de Jack Bauer savent que la lutte contre le terrorisme est un combat de
réaction plutôt que de prévention. Comment se prévenir contre un acte dont on
ne connaît absolument pas la direction. L’ancien directeur de la sécurité aérienne
au Canada et ex-chef de la police de Montréal,  Jacques Duchesneau, l’a
avoué: les terroristes ont une longueur d’avance. Ils sont comme un virus
en perpétuelle mutation devant les obstacles et on ne sait jamais dans quelle
direction ils vont attaquer. Il faut toujours essayer de prévoir un coup en avant.
Un nouveau livre sur les techniques militaires vient aussi démontrer que la
protection de la société est sur le point de franchir une autre frontière avec
l’arrivée de la guerre à distance par la robotique et l'informatique.
Comment abattre un soldat qui est un robot? La réalité a rejoint la
science-fiction et il est devenu possible pour une armée (amie ou ennemie)
d’être constituée de robots comme les fameux soldats blancs dans Star War…
Certains avions et hélicoptères de l’armée américaine sont déjà téléguidés
à distance bien en sécurité derrière les lignes ennemies.
Il n’y a qu’une seule solution contre la guerre et le crime et c’est l’instinct
de survie.
Le défi n’aura jamais été aussi difficile à relever!
Comme dirait Jack Bauer, l'ennemi n'est pas toujours
celui que l'on croit...
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Photo 1: Don Corleone ( Le Parrain 1)
Photo 2: Couverture du livre Wired for War - Jack Bauer
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Mardi 5 mai 2009
Dan Brown est de retour
L’auteur à succès Dan Brown sera de retour à l’avant-scène le 15 septembre
prochain alors que son nouveau livre: The Lost Symbol sera disponible en librairie.
Les effets dans le milieu littéraire seront très importants, autant pour les marchands
que pour la carrière de l’écrivain.
Il faudra d’abord voir si Dan Brown sera à la hauteur de ses collègues J.K. Rowling
et Stephenie Meyer et s’il aura été capable d’écrire un best-sellers meilleur que
son Da Vinci Code.
Rowling et Meyer ont toutes deux réussi à surpasser le premier tome de leur série.
Elles ont répété leur succès initial et dominé bien solidement le premier rang de la
liste des meilleurs vendeurs durant plusieurs mois, parfois une année complète.
L’ouvrage Da Vinci Code est sans contredit devenu un classique de la littérature
moderne avec plus de 81 millions de copies vendues mais la question que se posent
tous les observateurs : Est-ce que Dan Brown peut répéter son succès où était-ce
un coup de chance unique en carrière?
Le sujet de son nouveau polar portera sur la confrérie des francs-maçons et le
mythe du secret. L’action se déroulera à Washington et le personnage vedette de
Da Vinci Code, Robert Langdon, serait de retour. Un élément à retenir, le
déroulement du scénario s'étend sur une période de 12 heures consécutives.
Ce genre de canevas est très populaire pour les polars et la formule a été
développée par la série 24H avec Jack Bauer. Paulo Koelho utilise lui aussi cette
formule dans son dernier livre: The Winner stands alone.
Brown aura mis 5 ans pour fignoler la recherche de The Lost Symbol mais au
départ l’ouvrage devait être livré en 2005, ce qui ne fut pas fait.
L’autre bouleversement entourant le lancement du nouveau livre de Dan Brown
se situe au niveau des répercussions financières pour l’industrie.
Le tirage de lancement est évalué à 5 millions de copies (en anglais) et plusieurs
traductions sont prévue. Mais est-ce que l’opération sera rentable?  
Déjà, à 6 mois de l’événement, les grandes librairies ont commencé à annoncer
des pré-ventes où on offre entre 30 et 40% de rabais sur le plein prix de 36.95$
si on achète une copie dès maintenant. Il est aussi prévu que d’autres rabais
seront offerts lors du lancement. Cette démarche ne plaît pas aux petits libraires
qui ne sont pas en mesure d'offrir des prix réduits puisque leur marge de profit
n’est pas sur la volume mais sur chaque unité.
L’automne promet donc d’être celui de Dan Brown qui nous fera vivre
un autre succès planétaire ou un échec monumental…
À suivre!
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Photo 1: Dan Brown et la maquette de son prochain livre
Photo 2: Couverture des best sellers:
Da Vinci Code,Twilight et Harry Potter
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Mardi  9 mai 2009
La trahison et autres scandales du jour
Les scandales n’ont jamais été autant médiatisés qu’aujourd’hui mais de
tous les temps la trahison et le mensonge ont occupé une place importante
dans la vie quotidienne de la société, peu importe l'époque. L’histoire de Judas
qui avait trahi son chef Jésus est probablement la plus connue…
Tout près de nous, la déception la plus fracassantes des derniers mois fut sans
aucun doute celle de Bernard Madoff. Le style de sa trahison a surpris, de même
que l’ampleur incroyable de ses conséquences.
Sur une échelle plus locale, les résidents de Montréal pourraient comparer
l’affaire Zampino à celle de Judas. Un apôtre (conseiller municipal) trahit son
chef et accepte en secret des faveurs personnelles (voyage sur le yacht d’un
fournisseur de la ville). Il prétend qu'il a payé ses dépenses mais il y a
apparence de conflit d'intérêt.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay ne veut toutefois pas céder devant
la trahison de son ex-partenaire politique et il fallait le voir récemment
recevoir une chaleureuse ovation de la part des congressistes de l’Association
des économistes québécois. Tous les convives ont applaudi le maire et
certains ont même déclaré sur la tribune qu’ils souhaitaient qu’il soit réélu.
Ce sont surtout des journalistes qui réclament sa démission tandis que le public
semble appuyer le maire, du moins face à son adversaire à la mairie pour
l'élection du 1er novembre prochain, sondages à l'appui. Selon Tremblay, son
erreur fut de croire que tout le monde est bon et honnête comme lui. Il admet
qu'il aurait dû être plus méfiant ce qu'il entend faire dans l'avenir...
Une autre grand débat médiatique relié à l’honnêteté est celui entourant
l’ex-joueur de hockey Guy Lafleur qui a été reconnu coupable d’avoir menti au
Tribunal et qui recevra sa sentence le 18 juin prochain. Contrairement à la situation
vécu par le maire Tremblay, ce sont des journalistes qui montent aux baricades
pour défendre la vedette sportive et ce sont des citoyens qui réclament une
punition sévère. Une lecture des commentaires dans les blogs du public sont
pour la plupart unanimes: « Ce n’est pas parce que l’on est une vedette de
hockey que l’on est au dessus de la loi. »
L’affaire Guy Lafleur rappelle celle de l’imprésario Guy Cloutier car
il s'agit là de deux grandes vedettes dans leur carrière professionnelle mais
qui n'ont pas respecté la loi dans leur vie personnelle. Cloutier a été accusé
d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure (Nathalie Simard).
Cette nouvelle avait bouleversé le monde de la chanson populaire car
Guy Cloutier était un pilier de l’industrie de la musique au Québec et une
vedette tout aussi importante et connue que Guy Lafleur. Cloutier était
considéré comme le meilleur gérant d’artiste après René Angélil.
Contrairement à l'affaire Lafleur, très peu de gens avaient pris position
publiquement en faveur de Cloutier car il avait plaidé coupable et accepté une
peine de prison. Cette action avait coupé court au débat mais, si peu de gens ne
l’ont déclaré ouvertement, plusieurs admettent lors de conversations privées
considérer que Cloutier n’était pas entièrement coupable et que Nathalie Simard
avait sa part de responsabilité. Plusieurs, parmi ses amis, auraient voulu que
Cloutier explique ses actions devant le juge mais il n’a pas voulu le faire
contrairement à Guy Lafleur qui va même jusqu'à poursuivre les policiers
pour atteinte à sa réputation parce qu'ils ont émis un mandat d'arrêt contre lui.
Si Guy Cloutier s’était défendu, le jugement de la justice aurait peut-être
été différent mais on ne le saura jamais.
Dans le cas de Guy Lafleur, le débat est très partagé et il se déroule
sur la place publique. Certains observateurs sont profondément outragés
que l'on ose s'attaquer au joueur de hockey tandis que d'autres l'enverraient
directement en prison... L'on connaîtra la conclusion en juin prochain.
On peut ajouter une autre personnalité dans le groupe de grandes vedettes qui
ne respectent pas la loi et il s'agit de l'acteur Keif Sutherland (Jack Bauer).
Ses abus d'alcool au volant et ses actes de violence en public en font un criminel
et ses récentes actions vont jusqu'à compromettre le tournage de la 8e saison
de la série 24H qui devait débuter d'ici la fin de mai.
Est-ce qu'un talent exceptionnel dans un domaine peut excuser des actions
illégales dans un autre? Voilà l'essentiel du débat entourant Guy Lafleur!
Une chose est certaine, nos leaders et nos vedettes sont très rarement des
symboles de la vérité! Quelqu’un a déjà dit: Ce que nous voyons sur la place
publique ne représente que 10% de la vérité et 90% est de l’interprétation
comme au théâtre. En ce sens, la vraie réalité de la vie est donc
derrière le rideau…
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Photo 1: Guy Lafleur
Photo 2: Ville de Montréal
Photo 3: Gérald Tremblay, Guy Cloutier,
Kief Sutherland et Bernard Madoff
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Mardi  18 mai 2009
Mémoire de l'ex-Premier ministre Brian Mulroney
par Bernard Bujold
L’ex-Premier ministre du Canada Brian Mulroney ne laisse personne indifférent.
Ou bien on l’aime et l’admire profondément ou bien on le déteste et le méprise.
J’ai personnellement travaillé au sein du cabinet de Brian Mulroney en 1984.
Je fais donc partie de ceux qui admirent et considèrent cet homme comme
respectable, généreux et fidèle en amitié.
Je n’ai jamais hésité à affirmer mon opinion et à ceux qui m’ont parfois demandé
d’expliquer mon jugement, j’ai toujours répondu que j’avais eu la chance de côtoyer
et connaître plusieurs grands personnages et que cela me permet de comparer.
Parmi tous ces gens, Brian m’apparaît comme le plus honnête et le plus vrai
de tout le groupe.
La vérité est un concept dont la définition varie d’une personne à l’autre et il est
impossible de juger un individu si on ne compare pas ses actions selon des règles
communes. Parmi tous les hommes de pouvoir du monde des affaires et de la
politique que j’ai connus, plusieurs sinon la majorité sont des prédateurs dont le seul
plaisir est la capture de la proie. En ce sens, leur amitié est fausse car ils veulent
vous attirer pour mieux vous écraser et vous posséder. Je pourrais en nommer
plusieurs qui sont encore très actifs dans la communauté des affaires et qui causent
de graves dommages à leur entourage mais je mentionnerai plutôt un grand homme
d’affaire aujourd’hui décédé : Pierre Péladeau. J’ai travaillé avec ce personnage et
nous nous aimions beaucoup mais il était dangereux de le côtoyer et il l’avouait
lui-même. L’homme me disait en confidence vers la fin de sa vie:
« Je suis un prédateur et parfois je ne me contrôle pas. Je peux être méchant pour
mes ennemis mais parfois aussi avec mes amis… Le pire c’est que je ne sais pas
pourquoi? C’est comme une seconde nature»
Brian Mulroney n’est pas un prédateur au sens de Pierre Péladeau et il est plutôt
un idéaliste. Il a voulu être un leader international à l’américaine et influencer le
monde par son succès de chef d’état.
Je vois une grande ressemblance entre Brian et le président américain Bill Clinton.
Ce politicien fut l’un des plus efficaces durant sa présidence mais aussi l’un des
plus critiqué et ridiculisé. Pourtant avec le recul du temps, on s’aperçoit qu’il fut
un meilleur président que George Bush qui a détruit, sur le plan économique,
tout ce qu’avait fait Clinton.
Brian Mulroney fut un grand Premier ministre et il avait à coeur la situation du pays.
Il gérait le Canada comme une sorte de confrérie universitaire et l’objectif n’était
jamais son enrichissement personnel mais plutôt comment marquer l’histoire par
ses accomplissements et ses innovations.
Malheureusement en politique il y a la perception, l’image et la rumeur. De fausses
rumeurs peuvent contribuer à créer de fausses réputations et tuer virtuellement
un personnage. C’est le cas de Brian Mulroney qui fut victime des médias même
s’il en était au départ le plus grand admirateur. Brian lisait jusqu’à 12 grands
quotidiens chaque jour en plus des bulletins de nouvelles. Un consommateur
d’information journalistique incroyable et ce sont ces médias qui auront
brisé sa réputation…
Il est intéressant de noter que l’avocat de Brian Mulroney, Guy Pratte, a un lien
très étroit avec la situation que vit l’ex-premier ministre du Canada.
Le père de Guy, Yves Pratte, fut un grand avocat et même Juge à Cour suprême
du temps de Pierre Trudeau (1975). Il a cependant vu sa réputation détruite suite
à un scandale alors qu’il était le président d’Air Canada. Une histoire pour laquelle
il a été remercié de ses services après une Commission d’enquête ce qui a brisé
sa carrière de façon irréparable. Yves Pratte ne s’en est jamais remis sur le
plan personnel. Guy avoue dans sa biographie qu’il a encore à l’esprit le souvenir
de la tristesse de son père dont la vie fut détruite par les fausses accusations
à son égard. Dans un sens, il pense probablement à son père lorsqu’il défend
Brian Mulroney.
En conclusion, je dirai que quoi qu’il advienne, Brian Mulroney aura toujours mon
admiration et que de tous les leaders que j’ai côtoyés, il est celui avec qui ce fut
le plus agréable de travailler.
La période 1984 fut l’une des plus belles époques de ma vie!
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Photo 1: Brian Mulroney (Ottawa - Mai 2009)
Photo 2: Bill Clinton
Photo 3: Guy Pratte  (Ottawa)
Photo 4: Bernard Bujold devant le Parlement (Septembre 1984)
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Mardi  26 mai 2009
La beauté de la vitesse - Centre canadien d'architecture
par Bernard Bujold
L’exposition présentée au Centre Canadien d’architecture à Montréal
(20 mai au 12 octobre 2009) au sujet de la vitesse est particulièrement
bien présentée et on peut même faire un rapprochement avec le
nouveau film Star Trek.
La vitesse est une question de perception et celle-ci n’est souvent
qu’un mirage du moment! On pourrait ajouter que plus les choses vont
vite, plus celles-ci sont lentes dans une autre réalité…
Une scène de Star Trek illustre particulièrement bien la vitesse
alors que le vaisseau spatial ennemi traverse une sorte de mur
magnétique et qu’il doit attendre son adversaire pendant 25 ans.
De l’autre côté du mur, le vaisseau spatial de l’adversaire vivra ce
même moment dans un temps de quelques minutes seulement avant de
rejoindre l’ennemi. Le temps est perception et il n’est pas le même pour tous!
L’exposition du CCA ne tranche pas sur la valeur de la vitesse versus la
lenteur ni n’explique toutes les définitions possibles de la vitesse mais
elle provoque plutôt une profonde réflexion. Lorsque l’on observe la
démolition des gratte-ciel qui ont été à leur époque des symboles de la
vitesse, on comprend que rien ne dure et que la vitesse du moment
sera la lenteur de demain, voir l’immobilisme. Des images de bureaux
de travail qui étaient à la fine pointe et qui sont aujourd’hui
totalement abandonnés sont un autre exemple percutant de symboles
de la vitesse devenus symboles de la lenteur.
La dernière salle de l’exposition nous montre des athlètes qui essaient
de dépasser leur limites de vitesse. Est-ce que leur succès signifie
vivre plus? Est-ce que celui qui prend son temps pour traverser la rue
vit moins que celui qui la traverse à la course? Est-ce que l’on est plus
rapide si l’on vit vite ou est-ce une illusion?
Le CCA a voulu exposer la vitesse au niveau de l’architecture urbaine
et résidentielle mais les visiteurs de l’exposition ne manqueront pas
de prolonger leur réflexion sur la vitesse selon leur propre vécu.
C’est d’ailleurs le but à atteindre pour toutes les bonnes expositions.
Personnellement, ma conclusion à cette visite du Centre canadien
d’architecture est le fameux proverbe italien :
« Chi va piano, va sano e va lontano »  - Lentement mais sûrement…
Bonne visite!
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Photo 1: Exposition La vitesse et ses limites (CCA)
Photo 2: Vaisseau Voyagers (Star Trek)
Photo 3 et 4: Exposition La vitesse et ses limites (CCA)
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Mardi 2 juin 2009
Hommage à Marcel Béliveau (1939-2009)
par Bernard Bujold
Je suis devenu un ami de Marcel Béliveau dès le moment où Pierre Péladeau
me l’a présenté à sa maison de Ste-Adèle. Je m’en souviens très
bien car nous étions assis au bord de la piscine et Marcel avait proposé
d’aller me chercher un café à la cuisine. Il m’avait ramené une
tasse qui était percée…
Pierre Péladeau adorait Marcel Béliveau et je dirais que c’était l’un de
ses rares amis véritables. À de nombreuses reprises, Pierre me
suggérait Marcel pour ceci ou cela. La dernière fois fut lors de
l’acquisition du réseau de télévision TQS par Quebecor. Pierre
Péladeau voulait absolument que ce soit Marcel qui en dirige les
opérations. « C’est notre homme et il va faire un kill de la station… »
Malheureusement le fondateur de Quebecor est mort avant d’avoir pu
prendre possession de TQS et Marcel ne fut jamais nommé par les
successeurs à la direction de Quebecor…
J’ai gardé le contact avec Béliveau après la mort de Pierre Péladeau
mais nous ne sommes revus que quatre ou cinq fois entre
1998 et son décès. À chaque occasion, la rencontre était toujours
très agréable et j’avais le sentiment que l’homme me considérait
comme un grand ami. Pourtant, je n’étais pas un intime et mon amitié était
tributaire de celle de Pierre Péladeau. Marcel Béliveau aimait quelqu’un
s’il avait confiance en lui et parce que j’avais été le bras droit du
fondateur de Quebecor, qui était son grand ami, Béliveau me
considérait moi-aussi comme son ami.
La dernière fois que je lui ai parlé ce fut par Internet sur son Facebook.
Il m’avait écrit un message pour me remercier de l’avoir mentionné dans
une chronique LeStudio1.com et d’avoir souligné sa contribution à l’humour
au Québec. Il avoua vivre une journée à la fois mais il ne craignait pas la mort.
Je visitais son site régulièrement pour vérifier ses projets mais il
n’était pas très actif. Il avait pourtant des centaines d’amis Internet.
La nouvelle de sa mort m’a attristé bien que je m'y attendais.
Il disait que cela se produirait d’ici septembre prochain. Il aura quitté
le 28 mai. C’est une autre page de l’histoire québécoise qui se tourne.
Comme il le dirait lui-même : Il faut continuer et ne jamais s’accrocher
au passé. À ceux qui lui demandait souvent comment il envisageait la
vie malgré sa santé chancelante, il répondait toujours: « Vis pleinement le
moment présent et oublie le reste! Il faut accepter les événements de
la vie si on ne peut pas les changer et ne jamais se battre contre
l’impossible.»
Marcel Béliveau avait été un millionnaire de la télévision. Comment expliquer
ses échecs en fin de vie. Il a commis deux erreurs importantes:
1. Il a voulu répéter ses succès de la télévision dans des domaines qu'il
ne connaissait pas, les restaurants et les agences de voyages;
2. Il a investi son argent personnel, geste que ne font jamais les financiers...
Je vous invite à visionner l’une des dernières entrevues de Marcel Béliveau
disponible sur le site Internet du réseau de télévision TVA.
Bernard Bujold
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Photo 1: Marcel Béliveau  (Photo par Bernard Bujold)
Photo 2: Pierre Péladeau et Bernard Bujold
Photo 3: Marcel Béliveau au golf (Photo courtoisie Marcel Béliveau)
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Mardi 2 juin 2009
L'art du pardon - Nancy Michaud - Rivière Ouelle
par Bernard Bujold
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Photo 1: Plage à Rivière-Ouelle
Photo 2: Nancy Michaud (1971-2008)
Photo 3: Le meurtrier Francis Proulx
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Le meurtre crapuleux de Nancy Michaud dans le petit village côtier de
Rivière-Ouelle (1200 habitants) nous fait penser aux scénarios classiques
de la série Criminal Minds présentée à la télévision américaine (CBS).
L’auteur du crime est souvent un voisin qui a l’air tout à fait inoffensif et
même très sympathique.  
Quiconque regarde la photo du tueur Francis Proulx, avec ses lunettes
d'intellectuel et sa coupe de cheveux très conventionnelle, accepterait de devenir
son ami. Pourtant, l'individu est un dangereux personnage qui a tué une jeune
femme pour ensuite avoir une relation sexuelle avec son cadavre.
La réalité dépasse la pire des fictions…
La condamnation du meurtrier à 25 ans de prison a fait déclarer au conjoint de
la victime qu’il aurait préféré que le criminel eut été condamné à mort…
Cette réaction a fait dire à certains qu’il devrait plutôt pardonner sinon il ne
pourra jamais reprendre le cours de sa propre vie et permettre à ses enfants
de faire de même. S'ils oublient le crime dont a été victime Nancy, les survivants
pourront continuer à vivre leur vie sinon, ils gaspilleront les années en
ruminant sur une vengeance qui leur sera probablement impossible à accomplir.
Selon-moi :« On ne peut pas pardonner à nos ennemis mais on doit les ignorer. »  
Il faut absolument oublier les crimes et les injustices commis à notre égard mais
attention, oublier ne signifie pas pardonner.
Pardonner est une autre sorte action que l'oublie. Pardonner à quelqu’un, c'est
accepter qu’il occupe un rôle actif dans notre vie, qu’il ait une existence comme
telle et, à la rigueur, l’aimer et le respecter. Je ne crois pas que ce comportement
est humainement possible. Seul le pape Jean Paul II était parvenu à pardonner
au tireur qui l'avait attaqué dans une tentative d'assassinat.
Ma philosophie personnelle de vie est l’ignorance de l’existence de l’ennemi.
Il n’y a rien de pire comme vengeance que d’ignorer quelqu’un!
Ce comportement m’a été enseigné par mon ami, aujourd’hui décédé, Ben Weider.
Il m’avait dit un jour: « Je n’ai pas d’ennemi! Je les ai tous totalement éliminés
de ma pensée. Cela ne veut pas dire que je vais être imprudent et les laisser me
faire du mal à nouveau mais j’oublie leur existence et je vis ma vie.
S’ils croisent mon chemin, c’est évident que je ferai en sorte de ne pas être
leur victime une seconde fois. Il ne faut quand même pas être naïf…
Je ne pardonnes pas, mais j'oublies et je suis très prudent! »
Il s'agit d'un très sage conseil et j'invite les gens de Rivière-Ouelle à l'appliquer.
Bernard Bujold
Note : J’avais écrit, il y a 1 an, un éditorial au sujet de Rivière-Ouelle.
Il est encore d’actualité aujourd’hui.  Si ça vous intéresse de le relire, voici le lien.
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Mardi 9 juin 2009
Le rocher de Frank Stronach  
par Bernard Bujold
Frank Stronach est aujourd'hui l’un des hommes les plus riches au monde
mais son histoire a commencé bien humblement notamment à Montréal alors
qu’il était un jeune immigrant.
Je connais Frank Stronach (76 ans) pour l'avoir rencontré alors que j'étais à
Ottawa dans les années 1984 suite à l’élection de Brian Mulroney. Stronach
venait d'avoir 50 ans et déjà son entreprise de pièces d’autos Magna prenait
de l'importance. Le souper que nous avions eu ensemble est encore gravé
dans ma mémoire. Son histoire personnelle m'avait marqué.
Il me raconta : « Je suis arrivé au Canada en 1954 sans aucune possession.
J'ai d'abord fait des petits travaux de rien du tout et j'ai même ramassé des balles
de golf au nord de Montréal. En fait, presque ramassé car je n'ai jamais trouvé
l'emplacement du terrain de golf...
J’ai quitté pour Toronto et j'ai ouvert un garage de mécanique avec un associé.
Nous étions deux jeunes avec un coffre d’outil...  On travaillait sans arrêt et
on dormait même dans le garage pour ne pas payer de loyer.
À un moment donné, je me suis dit que ce n’était pas une vie.
Un dimanche après-midi, je me suis assis sur un rocher et j'ai pensé:
Qu'est-ce que je veux faire de ma vie? Réparer des vieilles voitures en échange de
quelques dollars ou vivre une vraie vie avec une belle maison et une famille à moi?
Là, sur ce rocher, j'ai compris que si je voulais réaliser mes rêves,
j'en serais capable. Pour moi tout a commencé sur ce rocher...»
Évidemment raconté par Stronach avec son accent autrichien, on accroche à
son histoire. Il sait communiquer et son regard est très attachant.
L'homme a connu beaucoup de succès mais aussi de nombreux échecs, en affaires
comme en politique. Ainsi, il n’a jamais pu se faire élire député alors qu’il rêvait
de devenir Premier ministre (1988). Son projet de magazine de luxe VISTA (1989)
n’a pas fonctionné ni l’élection de sa fille à la direction du Parti conservateur du
Canada (2004). Je dirais qu’il a connu autant d’échecs que de succès mais la
conclusion est que les gains sont supérieurs aux pertes.
Comme il le répète : «Il faut accepter ses succès, oublier ses échecs et
continuer d'avancer...»
J'ai rencontré Frank et sa fille Belinda à quelques reprises au fil des ans.
J’étais un supporteur de Belinda lorsqu’elle était candidate à la chefferie du
Parti conservateur, poste qu’elle a perdu aux mains de Stephen Harper.
Dans le cas de Frank, il me fait penser à Richard Branson, Paul Desmarais ou
Guy Laliberté. Ce sont des leaders qui occupent la pièce dès qu'ils y entrent,
tellement leur "aura" est forte. Ils sont également très chanceux car ils ont tous
été aussi près de l’échec que de la réussite. Leur destin a voulu qu’ils gagnent
mais ils auraient pu tout perdre. À titre d’exemple,  il suffit de regarder le destin
d’un autre grand personnage qui leur ressemblaient sur le plan du charisme
mais qui a tout perdu: Robert Campeau d’Ottawa.
Frank Stronach a aujourd’hui quitté le Canada pour retourner vivre dans son pays
d’origine l’Autriche. Il a récemment fait la chronique des médias avec sa
proposition d’acheter la compagnie automobile allemande OPEL. On parle aussi
de son projet de voiture électrique, un précurseur dans le domaine.
Il faudra voir la suite mais Frank a démontré que la chance existe et
qu’il faut simplement convaincre le destin de nous la présenter…
-Bernard Bujold
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Photo 1: Frank Stronach à Berlin devant des journalistes (Mai 2009)
Photo 2: Frank Stronach dans son atelier mécanique (circa 1960)
Photo 3: Belinda et son père Frank Stronach (Mai 2008)
Photo 4: Frank Stronack à Saratoga New York
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Mardi 16 juin 2009
Le maire de Montréal et
les élections municipales au Québec  
par Bernard Bujold
Le poste de maire de Montréal n’a plus le prestige qu’il a déjà eu à l’époque de
Jean Drapeau mais il n’en demeure pas moins très convoité.
L’actuel maire, Gérald Tremblay, occupe le siège depuis deux mandats et il espère
bien obtenir une troisième victoire électorale et terminer sa carrière à la direction
de ce qu’il appelle sa ville! (Tremblay aura 67 ans le 20 septembre 2009)
Le maire actuel s’est vu critiqué de façon agressive au cours des dernières années
mais il a toujours su garder le cap malgré les attaques et il a toujours survécu,
ce qui n’est pas peu en politique…
Personnellement, je connais bien Gérald Tremblay mais je ne suis pas un intime.
J’étais plus près de l’ancien maire Pierre Bourque et j’avais même contribué, en
compagnie de Pierre Péladeau, à sa première campagne et victoire électorale de
1994. Péladeau avait mis Quebecor et le Journal de Montréal derrière Bourque et
je servais de courroie de transmission. Nous avions délogé Jean Doré de façon
inattendue car tous les observateurs prévoyaient que Bourque serait défait.
Nous avions déjoué les sondeurs... C’était la première fois qu’un fonctionnaire
(directeur du Jardin botanique) devienne le plus haut magistrat de sa ville.
Je crois qu’il a été un excellent maire du moins durant son premier mandat.
J’ai également connu un autre candidat qui était aussi un ami personnel de
Pierre Péladeau, Jacques Duchesneau. Malheureusement ce dernier n’a pas réussi
à se faire élire lors de l’élection de novembre 1998 mais je crois qu’il aurait pu
remporter la victoire s’il avait été mieux entouré. Ses conseillers en communications
lui avaient recommandé de s’éloigner de son image de chef de police pour se
rapprocher de celle du citoyen ordinaire. Je suis convaincu que c’est ce qui a causé
son échec ! Je lui avais d'ailleurs proposé mes services à l’époque au niveau de ses
communications mais Jacques n’avait pas voulu m’inviter dans son équipe.
Soulignons que Pierre Péladeau était décédé en décembre 1997 et que je
me cherchais un nouvel emploi. J’aime penser que j’aurais pu aider
Jacques Duchesneau à devenir maire…
L’actuelle campagne 2009 à la mairie de Montréal risque d’être à l’image de
l’économie, c'est-à-dire plutôt morose et sans aucun grand projet.
Le candidat Benoit Labonté aurait pu provoquer un débat coloré mais il a eu
peur de ne pas gagner et il a cédé sa place à une ancienne ministre québécoise,
Louise Harel, celle-là même qui avait piloté le dossier des fusions municipales.
Son passé risque de la rattraper et de lui nuire.
Est-ce qu’il aurait des candidats intéressants capables de déloger Gérald Tremblay.
Très certainement mais ils ne sont pas prêts à payer le prix ni faire les efforts
pour convaincre les électeurs.
Jacques Ducheneau ne veut absolument rien savoir de ce poste et Pierre Bourque
est à la retraite et heureux de l’être. D’autres comme Normand Legault sont
fatigués de se battre pour convaincre tandis que d’ex-politiciennes comme
Liza Frulla préfèrent leur nouveau rôle de vedette à la télé.
Les élections municipales se tiendront le 1er novembre prochain pour toute la
province de Québec et en campagne électorale tout est possible. La preuve en est
la ville de Québec. On croyait que personne ne pourrait remplacer la mairesse
Andrée Boucher et voilà qu’un illustre inconnu, le maire Régis Labeaume, est
devenu le maire vedette non seulement pour le Québec mais pour le Canada tout
entier et même en France. Son truc, éliminer l’obligation pour les membres de
son parti de l’appuyer. Chacun des conseillers peut voter selon sa conscience.
Il faudra voir le résultat des élections de la ville de Québec alors que Labeaume
sera lui aussi en réélection mais il semble bien que s’il y a un « Barack Obama »  
de la politique québécoise, c'est le maire de Québec!
La politique est souvent comparable aux courses de chevaux.
Le cheval que tout le monde voit gagnant peu perdre la course derrière un cheval
sur lequel personne n’a parié.
Bonne chance à tous les candidats à la mairie non seulement à Montréal mais
partout au Québec. Que les meilleurs gagnent, hommes et femmes confondus!
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Photo 1: Gerald Tremblay, Jacques Duchesneau, Louise Harel
et Pierre Bourque
Photo 2: Régis Labeaume - maire de Québec
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Dimanche 28 juin 2009
Le plaisir de vieillir...
par Bernard Bujold
Il ne faut pas se faire d’illusions, il n’y a pas de plus grande richesse dans la vie que
la jeunesse! Mais pour ceux qui vieillissent, il faut bien aussi découvrir les bons
côté de l’âge car, de toute façon, on ne peut pas revenir en arrière…
Personnellement, j’ai passé le cap des 50 ans il y a déjà quelques années mais à
chaque été, à l’occasion de mon anniversaire le 28 juin, j’aime bien faire un bilan
de ma vie. C’est mon côté romantique!
D’emblée, ma plus grande réussite est d’être le père de deux enfants.
Étrangement, cet événement fut aussi un des plus douloureux de ma vie car j’ai
divorcé en 1991 et je n’ai pas pu voir grandir mon fils et ma fille qui sont nés
en 1982 et 1983. Est-ce que je regrette d’avoir divorcé, non mais si j’ai un conseil  
à donner aux jeunes gens, c’est de bien choisir leur conjoint, obligatoirement
par amour et pour aucune autre raison…
Pour ceux qui s’interrogent au sujet des deux mascottes LeStudio1.com, celles-ci
sont inspirées de mes deux enfants. Monsieur X est à l’image de mon fils David et
la mascotte Miss Gym est à l’image de ma fille Stéphanie. David est un « wizard »
en informatique- internet et il a été un collaborateur important avec LeStudio1.com.
Stéphanie est fiancée et elle travaille en marketing.
La jeunesse est sans contredit le moment charnière. Ce sont les décisions
que nous prenons vers l’âge de 20 ans qui influenceront toute notre vie.
Le choix d’une profession, les études appropriées, la découverte de nos
passions, la rencontre d’un conjoint(e), etc. Autant de décisions prises parfois
à la légère mais qui ont des conséquences incontournables et souvent
irrémédiables sur notre vie d’adulte.
Mais si nous avons commis des erreurs, comment corriger la situation?
J’aime dire que la vie est comme un voyage sur une rivière et que la
seule option est de descendre avec le courant. Il faut donc se laisser flotter
et espérer que nous éviterons les rochers et les écueils. En ce sens, la seule
façon de corriger les erreurs de la vie est d’être chanceux! La chance de
survivre aux obstacles qui sont sur notre voie et de pouvoir les transformer en
événements positifs ou tout au moins de survivre à la catastrophe.
De fait,  la chance n’est pas vraiment une question de choix.
Je l’ai déjà écrit : «  L’on ne choisit pas d’accueillir la chance mais c’est elle qui
nous choisit. » Ce phénomène est d’ailleurs de plus en plus reconnu par les
scientifiques et il semble même que certains employeurs posent la question lors
des entrevues avec les candidats potentiels :
« Est-ce que vous êtes d’un naturel chanceux dans la vie? »
La chance peut prendre plusieurs aspects mais c’est un élément essentiel pour
réussir sa vie. Même si on avait pris les bonnes décisions lors de notre
jeunesse, sans chance, les décisions les plus logiques se transformeront en échecs
lamentables et parfois tragiques! La chance peut être aussi significative que
de ne pas embarquer sur le vol d’avion qui va s’écraser dans l’océan (Air France)
ou aussi simple que de trouver un billet de 5 dollars sur le trottoir.
Lorsque l’on dépasse la cinquantaine, on nous demande souvent si nous avons
des regrets? J’aime bien répondre qu’il ne faut pas s’apitoyer sur les échecs
ni croire que nous sommes totalement responsables de nos succès.
Évidemment c’est une réponse simple mais elle résume bien toute la réalité
de la vie. Cette vie qui est en soi inexplicable et de façon générale, cruelle,
animale et imprévisible. Comment expliquer, par exemple, les actes de violences
entre les hommes? Alors que les religions devraient être le véhicule de l’amour
et de l’entraide entre les humains, celles-ci sont la source de tous les maux, dont
le terrorisme et les guerres!
Est-ce qu’il y a une vie après la mort, ou est-ce  que la vie se résume uniquement
à notre passage sur terre. Comme dirait le Docteur House, il y a de bonne chance
que la vie ne soit rien de plus que notre vécu du moment présent. Si on se trompe
et qu’il y a une après-vie, et bien nous aurons vraiment de la « chance » et nous
pourrons poursuivre notre voyage éternellement...
Mais comme l’a si bien dit Bernard Arnault (le mari de la pianiste québécoise
Hélène Mercier) : « …sur terre, il faut s’occuper des vivants… »
Pour conclure, j'ajouterai que la réflexion de Mademoiselle X dans l'édition
LeStudio1.com de cette semaine résume bien comment je définis l'amitié et
la façon par laquelle je sélectionne mes amis: "Mieux vaut mécontenter par
cent refus que manquer à une seule promesse."
En ce qui concerne mes activités favorites, loin de moi les plaisirs comme le
parachutisme… Je préfère le calme d’un souper entre amis, un bon vin et,
une fois la visite repartit chez-elle, lire tranquillement un livre, un magazine ou
un journal… papier!
Je vous remercie tous et toutes pour les bons vœux que vous m’avez offert à
l’occasion de mon anniversaire et comme je vous le dis souvent:
"Je tiens le coup; and I am still fighting!"
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Photo 1: Bernard Bujold et les mascottes Miss Gym et Monsieur X
Photo 2: David et Stéphanie Bujold
Photo 3: Mademoiselle X LeStudio1.com et les mascottes du magazine.
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Mardi 30 juin 2009
Le souvenir d'un grand Canadien
Roméo LeBlanc (1927-2009)
par Bernard Bujold
Tous les Canadiens et en particulier les Acadiens sont en deuil d’un grand citoyen,
Roméo LeBlanc (81 ans).
J’ai souvent eu à l’esprit l’existence du personnage au cours des ans car il fut
journaliste dans les mêmes médias où j’ai moi-même été journaliste, en plus
d’être aussi attaché de presse d’un Premier Ministre, dans son cas de deux.
Je suis Acadien d’origine et lorsque j’ai habité à Moncton en 1979, Roméo Leblanc
était considéré comme une icône. Un homme humble qui était accessible mais qui
était aussi très puissant. On disait même qu’il ne connaissait pas vraiment
la grandeur de son pouvoir et qu’il aurait pu obtenir beaucoup plus de la part de
Pierre Trudeau qui le respectait énormément, et qui avait besoin de sa présence
dans son cabinet. Certains disent même qu’il aurait pu être Premier Ministre mais
il ne considérait pas avoir suffisamment de support pour y songer ni l’envergure
nécessaire.
Ce fut d’ailleurs ces mêmes considérations et cette humilité qui ont failli l’empêcher
d’accepter son premier poste de journaliste avec Radio-Canada. Il s’était posé la
question à savoir s’il ne serait pas mieux de rester à Moncton et être un gros
poisson dans un petit bocal plutôt qu’un minuscule poisson dans l’océan de
Radio-Canada? Heureusement pour les Canadiens, il a choisi l’option de quitter
le confort de son milieu d’origine.
Roméo LeBlanc était fort attachant, toujours extrêmement poli, avec une voix
calme et légèrement mélodieuse qui était rassurante. Il adorait rencontrer
les gens et discuter avec eux, un trait de personnalité des Acadiens.
Il me faisait parfois penser à Jules Léger pour ce qui est de sa gentillesse envers
le public. Il avait aussi beaucoup de points communs avec une autre grande
politicienne et Gouverneure générale, Jeanne Sauvé. Tous les trois avaient de la
classe et surtout ils étaient respectueux de leurs semblables. Ils n’étaient pas en
politique pour leur profit personnel mais pour l’avancement de leur communauté.
Roméo LeBlanc est retourné finir ses jours dans son coin de pays, au village de
Grande-Digue près de Shédiac. Il aura vécu les derniers mois plus ou moins
conscient car la maladie de l’Alzheimer avait considérablement réduit sa qualité
de vie et le contact avec son entourage.  Il n’en demeure pas moins que ses
accomplissements sont digne de mention, non pas pour leur éclat mais pour leur
générosité, leur respect des autres et d’égalité entre les cultures. Roméo Leblanc
croyait au concept de multiethnicité et bien qu’un très ardent défenseur du
français et des Acadiens, il a toujours été très respectueux et compréhensif de
la culture anglophone. Il avait d’ailleurs marié une anglophone née à Toronto,
Diana Fowler,
LeStudio1.com offre ses condoléances aux membres de sa famille, plus
particulièrement à son fils Dominic, le député fédéral de Beausejour, et nous
accordons à Roméo LeBlanc une place dans la galerie
Les Meilleurs 2009 LeStudio1.com.
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Photo 1: Roméo LeBlanc
Photo 2: Roméo LeBlanc à Ottawa (1998)
Photo 3: Plage à Shédiac - Nouveau-Brunswick
photo 4: Roméo LeBlanc et son fils Dominic ( Moncton -  Janvier 2006)
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