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    L'empire QUEBECOR
    et son fondateur Pierre Péladeau (1925-1997)
    par Bernard Bujold
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Album Photos
Le fondateur de Quebecor
Pierre Péladeau
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Chapitre 8
De l'imprimerie à l'Internet
L’avenir de l’empire

Pierre Péladeau avait commencé à apprendre les rudiments de l’internet et, quelques mois avant
sa mort, il recevait un professeur privé dans son bureau une fois par semaine pour lui enseigner
le fonctionnement de l’ordinateur. Il aimait le concept mais le seul problème était que le 13e étage,
là où il avait son bureau, n’était pas câblé. Il lui fallait descendre au 10e étage où son fils Érik
avait installé les terminaux de Quebecor Multimedia, une filiale expérimentale et dont le capital
de risque avait été fixé à quelque 20 millions$ pour faire des acquisitions dans le secteur des
technologies Internet.

Il est intéressant de noter que lorsque Pierre-Karl Péladeau est revenu de Paris, après le décès de
son père en décembre 1997, il ne connaissait pas beaucoup l’Internet. On dit même que c’est sa
secrétaire qui devait envoyer ses courriels.
Et dire qu’aujourd’hui il est le roi de l’Internet au Québec.


Rupert Murdoch

Mon ancien patron Pierre Péladeau se comparait souvent à Rupert Murdoch.
Il aimait les journaux en papier comme Murdoch.

En 2007, on peut remarquer une grande ressemblance entre les deux empires que
sont News Corp et QUEBECOR. Le magnat Rupert Murdoch a récemment conclu la transaction d'achat
de The Wall Street Journal et il a nommé les nouveaux dirigeants. Mais ce qui retient l'attention est
la nomination à Londres du fils de Rupert Murdoch, James, qui devient le grand patron de toutes
les activités du groupe en Europe et en Asie, ce qui le place en ligne pour remplacer son père.
On remarque dans les deux cas, Quebecor et News Corp, que c’est le fils qui succède au père et que
l’empire fait une transition vers l'Internet. James a fait ses preuves à Londres avec BSkyB,  le réseau
de télévision par câble.

Pierre Péladeau me raconta avoir rencontré Murdoch une fois en personne. Il disait l'avoir croisé
un jour à New-York dans un congrès d'imprimeurs et il lui avait serré la main mais sans plus.
Il aurait aimé lui parler de projets, mais ils étaient dans un cocktail de congrès. Murdoch possédait
plusieurs journaux et Péladeau venait d'acquérir Maxwell Graphic aux États-Unis (1990).
Pierre Péladeau me confia qu'il admirait Murdoch et que si on voulait le comparer à un autre magnat,
il trouvait que Murdoch lui ressemblait le plus au niveau de la vision et de l'esprit d'entrepreneur.
Il me demanda même d'aller lui acheter la biographie de Rupert. (Murdoch par William Shawcross).
Il voulait s'en servir comme entrée en matière lors d'une deuxième rencontre éventuelle.

Personnellement, je suis très content que Murdoch ait remporté son offre d'achat pour Dow Jones.
On dit que plusieurs employés sont inquiets! Je suis un lecteur assidu du The Wall Street Journal
depuis 1980 et j'ai lu plusieurs biographies sur Murdoch. Je crois qu’il fera un excellent propriétaire.  

La création du Wall Street Journal a été l'oeuvre de deux jeunes personnes en 1882:
Charles Dow (31 ans), et Eddie Jones (26 ans). Il y avait un troisième homme, un investisseur
silencieux, Milford Bregstresser. Dow travaillait derrière le bureau et Jones était le plus souvent
dans le bar de l'hôtel avoisinant pour obtenir les nouvelles du jour. Le concept était celui d'un
bulletin d'information distribué à une centaine de courtiers au centre ville de New-York.
Le bulletin a progressé et il est devenu un journal en 1889 pour être acheté en 1902, par un homme
d'affaires, une sorte de Murdoch de l'époque, Clarence Walker Barron. C'est sa femme, Jessie,
qui siègait au conseil d'administration.
Sa fille adoptive, Jane a marié Hugh Bancroft, de là l'héritage des Bancroft d'aujourd'hui.
Ce que Murdoch vient de faire, c'est un peu ce qu'avait fait Barron au début du siècle.

LeStudio1.com est largement inspiré des chroniques quotidiennes de The Wall Street Journal et
en particulier de la page une: "What's News". Des nouvelles brèves mais complètes.
J'ai découvert ce journal dans les années 1980 alors que celui-ci fêtait son centenaire.
J'ai même visité les bureaux du 15 Wall Street à New-York. La formule du journal est unique
et n'a jamais pu être copiée par les autres journaux.
(Vous pouvez lire toute l'historique de The Wall Street Journal sur le site LeStudio1.com)


Facebook et MySpace

Il est difficile de dire comment aurait réagit Pierre Péladeau face au phénomène de l’Internet
moderne avec les Facebook, IPOD et MySpace. Il aurait probablement aimé car il était un
homme de son temps.

Selon des sondages, même le sexe et la bière arrivent derrière Facebook sur le plan de
la popularité auprès des populations étudiantes. Pierre aurait compris ce phénomène...

Plusieurs personnes que je connais sont membres de Facebook dont mes deux enfants
ainsi que plusieurs amis. Cela nous permet de mieux garder le contact qu'avec un
courriel conventionnel ou le téléphone.

Facebook doit être efficace car il y aurait entre 24 et 30 millions de membres. Le système a été
fondée qu'en février 2004, par un étudiant de l'Université  Harvard. Au départ on voulait simplement
relié les étudiants du campus. L'idée a débordé et le système est rapidement devenu un réseau social
mondial. On évalue aujourd’hui à 15 milliards $ la valeur potentielle des actions de Facebook.
L’évaluation est faite en fonction des investissements privés pour l’achat de 1% de Facebook par
Microsoft contre une somme de 260 millions.


Les journaux en papier

L'avenir des journaux papier est sans aucun doute menacé d'importants changements.
En fait, c'est le papier qui est au centre du débat. Le premier signe de cette transformation fut
d'abord la réduction dans la taille des grands journaux. On est passé au format  tabloid tandis que
ceux qui étaient déjà en tabloid devenaient encore plus petits.
Ensuite, tous les groupes de presse ont mis en ligne des sites internet malgré leur réticence face à
cette nouveauté. Cela démontre qu'ils cèdent devant les pressions de la vague Internet.
De plus, ces sites sont bien souvent un complément pour les éditions papier.

Enfin, la nouvelle tendance depuis quelques années, sont les journaux gratuits. Au départ de
présentation plutôt simpliste, il semble cependant que les lecteurs adorent ce format.
Je suis moi-même surpris d'entendre des gens que je qualifierais de "snob" avouer être heureux
des informations obtenues grâce à ces journaux de métro.
Ces journaux sont des sites internet sur papier. Des nouvelles brèves et des photos.

La société moderne bouge vite. Ce qui est vrai aujourd'hui dans le monde des communications ne le
sera plus dans un an. La nouvelle technologie nous surprendra et elle est impossible de la prédire.
Certains avancent l'idée d'un journal sur carte mémoire.
Une seule certitude: nous vivons une révolution!


L’avenir des médias

C’est à partir de Montréal que le fils de l'ex-magnat de la presse écrite, Pierre-Karl Péladeau,
est en train de transformer l'industrie de la télévision canadienne. Ce défi aurait plu à son père qui
déclarait souvent que ses plus beaux moments de vie avaient été passés durant ses participations
dans des studios de télévision à titre d'invité.

Je me souviens même qu'un jour, alors qu'il venait d'acquérir le réseau de télévision TQS, quelques
mois avant sa mort, il me dit:
"C'est comme si je rajeunissais de 10 ans avec cet achat. Nous allons avoir bien du plaisir."
Il avait rêvé de Télé-Métropole mais il avait reculé car le prix de vente était trop
élevé. Son fils l'a acheté plus tard dans une transaction qui aurait rajeuni son père de... 20 ans!
Le fils Péladeau contrôle aujourd'hui non seulement l'un des plus grand journal montréalais mais
aussi la station de télé et tout le réseau de distribution Internet de Videotron.
Curieusement, la station de télévision TQS que Pierre Péladeau avait acheté est sous la
protection de la Loi de la faillite. (Décembre 2007 - Voir texte Chapitre 1)

Le dernier des éditeurs indépendants de magazines à grand tirage au Québec, Claude J. Charron,
demeure convaincu qu'il y a un avenir dans le papier. Pour le  prouver, il investit dans divers
projets dont la base est sur papier. Interrogé quant à sa motivation, Charron répond que ce n'est
pas une compétition contre les autres médias qui l'inspire mais plutôt une poursuite vers des objectifs
personnels, soit celui de voir le résultat de son travail sur du papier.

Selon-lui, un média doit refléter l'âme de celui qui le fait et ensuite c'est au public de l'aimer ou non.
"Un éditeur échouera s'il fait son magazine uniquement pour compétitionner les autres".
Pour Claude J. Charron, produire un magazine c'est aussi comme chanter une chanson.

Personnellement, je continue de lire The Wall Street Journal sur papier malgré qu’il soit accessible
sur Internet. Je lis aussi Paris Match en format papier car je trouve la version l’internet moins
personnelle et trop réduite. Mais je suis aussi un fidèle adepte de sites comme Facebook, Yahoo,
Dow Jones, The New York Times et plusieurs autres. J’ai également créé le site LeStudio1.com
comme une sorte de plate-forme sociale.

L’avenir offre une place pour plusieurs genres de médias, qu’ils soient en papier ou virtuels.
Il faut juste aimer ce que l’on fait et comme disait le chansonnier québécois Jean Lapointe:
"Chante-la ta chanson..."

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en haut:
Copie de la biographie de Rupert Murdoch
que c'était procurée Pierre Péladeau afin
d'approcher le magnat autralien lors
d'une éventuelle deuxième rencontre.
en haut:
Copie d'un magazine publié par l'éditeur
Claude J. Charron. (Le Lundi)
Charron était un grand admirateur de Pierre
Péladeau et il avait commencé sa carrière sous
sa direction.
Rupert Murdoch - News Corp
à gauche:
Bernard Bujold avec
ses deux enfants
David et Stéphanie