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    L'empire QUEBECOR
    et son fondateur Pierre Péladeau (1925-1997)
    par Bernard Bujold
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Album photos
Le rêve de l'acteur...
Le fondateur de Quebecor
Pierre Péladeau
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Chapitre 9
La vision de Pierre Péladeau
Les rêves

Pierre Péladeau disait qu’il faut rêver et surtout réaliser ses rêves!

Personnellement, j'ai eu la chance de réaliser plusieurs de mes rêves et l'un d'eux était
celui de travailler avec Pierre Péladeau. Le hasard joue toujours un rôle important dans le
résultat final de la vie, mais au départ il faut rêver.
"Si on ne rêve pas, rien ne s'accomplira et on n'ira nulle part. Il faut donc penser à des projets
et souhaiter pour le mieux. " me répétait souvent Pierre.


Être un acteur de sa vie

Pierre Péladeau était un acteur et il aimait avoir un public.
Son rêve était d’être applaudi par la foule.

Si j’avais à le comparer à une autre personnalité québécoise, je dirais qu’il était comme Jean Chrétien.
Les deux se sont développé un rôle de «petit gars du peuple» mais ils étaient des intellectuels.
(Chrétien l’est encore puisqu’il est vivant)

J'ai rencontré Jean Chrétien à quelques reprises durant sa carrière politique et j’ai même eu
l’occasion de travailler avec lui à une occasion alors qu'il était le conférencier invité à un événement
pour lequel j'était responsable des communications. C'était à Ottawa dans les années 1990.
Je me souviens de lui avoir demandé si son discours serait intéressant? Je sais, c'est un question
idiote mais je voulais me montrer sympathique!

Chrétien me sortit une coupure du magazine Reader's Digest qu'il avait dans sa poche de chemise
et il me dit: "Ça va dépendre de la foule. Si elle répond, je vais en mettre, mais on va voir.
C'est la foule qui va décider. Ça peut durer 5 minutes comme ça peut durer 1 heure. "
Il avait parlé presqu'une heure et il avait sorti son petit bout de magazine pour le montrer aux
congressistes. Un grand orateur qui était aussi un acteur. Il savait lire la foule et s'amusait avec e
lle comme un chanteur sur la scène.

Pierre Péladeau était comme Jean Chrétien et il aimait parlé à son public. Il écrivait cependant ses
discours car il n’avait pas la vivacité d’esprit pour penser sur ses pieds comme le font les avocats.
Péladeau devait réflichir à ce qu’il voulait dire.


Qui est un journaliste?

La question de l’heure, autant au Québec qu’ailleurs dans le monde :« Qui est un vrai journaliste ?  
Est-ce que celui qui a un blog est un journaliste a même titre que celui qui écrit pour un média
conventionnel?»

Pierre Péladeau disait qu’un bon journaliste est quelqu'un qui peut faire passer son message.
Il détestait les gens qui se limitent par des structures trop sérieuses et il savait reconnaître le talent.
Pour lui, un grand journaliste devait pouvoir s'exprimer clairement. Il considérait que Jacques
Beauchamps était un grand journaliste tout comme René Lévesque.

Dans l’esprit de Péladeau, la communication devait aussi être locale si on veut intéresser son public.
Je lui produisais une revue de presse quotidienne et un jour j’ai commencé à y inclure des textes
concernant la politique internationale. Il surgit dans mon bureau immédiatement et il me dit:
« Ces sujets internationaux, enlève-moi ça de la revue de presse. Tout de suite!»

Avec l’Internet, la communication a subi une véritable transformation et cet outil
a réduit le monde à un grand village. Le monde est devenu un village global.
L'international est devenu local mais le débat se poursuit toujours quant à vraiment déterminer
la façon d'exploiter Internet selon son véritable potentiel. Local ou International? Voilà la question.

Si cela peut être considérer comme une indication, Facebook, qui est plus local que MySpace,
devient de plus en plus le favori des internautes.

Notre époque est comparable à celle de Gutenberg qui avait inventé l’imprimerie.
D’ailleurs, on dit que les deux catégories de sites Internet les plus fréquentés actuellement sont
les sites religieux et pornographiques. Des sujets on ne peut plus locaux!
C'est justement la religion qui avait permis à l’imprimerie de se développer.
Les religions, qui ont longtemps dirigé le politique, ont connu leur essor lorsque
l’on a pu faire circuler les textes saints.

Au Québec, le débat autour du statut de journaliste est relié à la reconnaissance d’une sorte de statut
officiel. L’association regroupant plusieurs journalistes semble vouloir se réclamer un droit de
déterminer qui est ou non « journaliste ».

Claude J. Charron comparait le journalisme à la chanson. Peut-on empêcher un chanteur de chanter
sinon cesser de l’écouter s’il est mauvais et qu’il ne sait pas chanter?
Croire à un statut de journaliste c'est comme vouloir décider qui a le droit de chanter ou d’écrire.
Il faut réentendre la chanson de Félix Leclerc : « CONTUMACE ».

Lorsque j’ai débuté en journalisme, en 1976 à l’Assemblée nationale du Québec, René Lévesque,
qui était Premier ministre m’avait dit :
« Le journalisme c’est la démocratie pure et sans démocratie, il n’y a pas de liberté.
Il faut aussi une vocation pour être un bon journaliste sinon on devient un simple ouvrier... »
On ne peut pas apprendre à faire de la politique ni à être journaliste comme on devient plombier ou
menuisier. Il faut avoir la vocation!

Je dois vous mentionner que je boycotte un peu la Fédération professionnelle des journalistes
du Québec car lorsque j’ai créé LeStudio1.com, en mars 2005, les dirigeants de cette fédération
furent les premiers, et les rares, à m’aviser que l’on ne voulait pas recevoir le magazine courriel.
Imaginez l’insulte pour moi, un vrai journaliste! Ce sont des gestes de ce genre qui vous font perdre
la vocation et changer de religion. Pierre Péladeau serait entièrement d'accord avec moi!

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Pierre Péladeau, le jour de son anniversaire, jouant avec une actrice
imitant Marilyn Monroe.
(Photo par Bernard Bujold - Tous droits réservés)